Avant d'être auteure, j'ai été et je suis encore lectrice. La lecture chez nous était non seulement permise à tout heure du jour ou de la nuit, mais elle était encouragée. Mes plus beaux cadeaux, que ce soit à Noël ou à mes anniversaires, ont toujours été des livres.
À 26 ans, après quelques années à enseigner à des adolescents de la Petite-Nation, ce que j'ai adoré, j'ai décidé de prendre deux ans de congé sans solde et de devenir écrivain. Je continuai de lire, mais je voulais des mots à moi.
Rien de moins.
Pendant deux ans, j'ai beaucoup écrit, corrigé, tapé (c'était avant l'ère de l'ordinateur, aussi bien dire au temps des dinosaures!). Pierre Turgeon des Éditions Quinze a accepté de publier Je me veux. Mon premier livre de fiction, ça y est j'étais devenue auteure. Auteure peut-être, écrivain, pas encore.
Puis, mes élèves m'avaient raconté tant de petites histoires savoureuses que j'ai pris plaisir à écrire deux livres pour la jeunesse, publiées aux Éditions Paulines.
À la fin des deux années, mon père Jacques Lamarche me propose une collaboration, je ne pouvais lui refuser, elle a duré jusqu'à sa mort, trente ans plus tard.
Par contre, malgré quatre livres publiés, ce n'était pas assez pour payer les factures, je suis retournée enseigner un an, puis la famille a acheté le journal La Petite-Nation et jai commencé à m'occuper des mots des autres. Les miens, malgré la publication de Pourquoi nous avons cessé d'enseigner, se sont rapidement retrouvés dans des tiroirs et des boîtes où s'empoussièrent...